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MILLÉSIMESANTÉ

Analyse

Des départements ont perdu un établissement de chirurgie. Certains l'ont remplacé, d'autres non.

Entre 2021 et 2025, plusieurs départements voient un établissement cesser de figurer dans les données de l'Assurance Maladie. Neuf regroupements, trois arrêts réels de l'activité chirurgicale, un cas indécidable.

Ce qu'on croit lire, et ce qu'il faut vérifier

Un établissement qui cesse d'apparaître dans les données suggère une fermeture. C'est parfois vrai. C'est le plus souvent faux : une fusion, un changement de numéro FINESS ou l'arrêt de la seule activité chirurgicale produisent le même signal.

En croisant les cinq millésimes disponibles au grain de l'établissement, on peut faire la différence : parce qu'un repreneur laisse une trace : soit une entité nouvelle apparaît la même année, soit un établissement voisin gagne un volume du même ordre.

Neuf regroupements

À Nancy, la polyclinique de Gentilly et l'espace chirurgical Ambroise-Paré laissent place à l'Hôpital privé Nancy-Lorraine. À Neuilly-sur-Seine, la clinique Hartmann et la clinique La Montagne au Centre médico-chirurgical Ambroise-Paré-Hartmann. À Quimper, deux établissements à la Clinique mutualiste de Bretagne occidentale. À Évreux, la clinique Bergouignan à l'Hôpital privé de l'Eure. À Pau, Marzet au site Navarre. À Nîmes, Kennedy vers deux établissements du même groupe. À Vénissieux et à Fécamp, deux reprises après redressement judiciaire. Dans la Manche, une cession prononcée par le tribunal.

Dans chacun de ces cas, le département progresse ou se maintient, et le volume réapparaît sous un autre nom. L'activité n'a pas quitté le territoire.

Trois arrêts, et une correction

J'ai d'abord écrit que douze cas sur treize étaient des regroupements. C'était faux, et c'est la vérification cas par cas qui l'a montré. Un repreneur ne garantit pas le maintien de l'activité.

À Saint-Louis, dans le Haut-Rhin, la clinique des Trois-Frontières a bien été reprise : par le groupement hospitalier de Mulhouse, qui a fermé le bloc opératoire au 1er janvier 2023. À Livry-Gargan, l'agence régionale de santé a retiré ses autorisations de chirurgie à la clinique Vauban pour manquements graves. Dans le Gers, la clinique de Gascogne n'a trouvé aucun repreneur.

Ces trois départements progressent pourtant tous en volume, sauf le Gers. La croissance des autres sites masque, dans un total départemental, la disparition d'un bloc opératoire. C'est précisément ce qu'un chiffre agrégé ne montre pas.

Ce qui rend le Gers différent

Le Gers n'est pas seulement le département où aucun repreneur ne s'est présenté. C'est celui où l'établissement disparu portait la majorité de la chirurgie du territoire. Le volume départemental passe de 7 617 à 4 537 séjours, soit −40,4 %.

C'est aussi le seul département de France où un unique établissement réalise désormais la totalité de la chirurgie déclarée. Vingt départements en sont proches : un seul établissement y réalise au moins la moitié des séjours.

Un cas indécidable

La clinique Générale de Valence, dans la Drôme, ne paraît plus après 2023. Mais sa fermeture n'est annoncée que pour fin 2026, avec des transferts vers deux autres établissements : l'activité chirurgicale semble avoir cessé avant le reste. Ces données ne permettent pas de le dire proprement, et aucun article ne lui est consacré.

Méthode

Ces chiffres sont calculés sur les données ouvertes VISUCHIR de l'Assurance Maladie, millésimes 2021 à 2025, avec le même moteur que le reste de ce site. Chaque cas cité a été vérifié hors des données, auprès de la presse régionale ou des groupes concernés ; les sources figurent sur les articles correspondants.

Prolonger l’analyse

Passer du récit au cas concret

Les articles éclairent un territoire. Les rapports appliquent la même lecture à un établissement, une spécialité ou un périmètre choisi, avec les comparables et les signaux utiles pour décider.

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